A dix jours du procès du 18 juin à La Haye, l'avocat principal de l'ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, a décidé à nouveau de monter au créneau. Dans une requête déposée à la Chambre préliminaire I et rendue publique hier jeudi 7 juin, Me Emmanuel Altit a demandé le report de l'audience qui devrait se tenir le 18 juin prochain.
La Défense de l'ancien chef de l’État ivoirien, écroué à la Cour pénale internationale (CPI) depuis le 30 novembre 2012, demande à la CPI d'« ordonner que l'audience de confirmation des charges soit repoussée à la date qu'il plaira à la chambre préliminaire de fixer, postérieurement au 18 juin 2012 », a écrit le conseil français de Laurent Gbagbo, dans un document officiel rendu public hier.
L'audience de confirmation des charges doit permettre aux juges de déterminer si les éléments de preuve rassemblés par l'Accusation menée par le Procureur argentin près la CPI, Luis Moreno-Ocampo, sont assez solides pour permettre la tenue d'un procès. Me Altit a fait savoir que son client « Laurent Gbagbo serait victime d'une violation de son droit à un procès équitable », si l'audience avait lieu à la date prévue. Selon l'avocat français de Gbagbo, l'Accusation et l'équipe de la Défense ne disposent pas « de l'égalité des armes ». Me Altit évoque une « disproportion flagrante » des ressources financières et humaines. Le conseil juridique de Gbagbo, qui bénéficie de l'aide judiciaire, a également affirmé être en butte à « un environnement hostile » en Côte d'Ivoire, quand son équipe se rend dans le pays pour mener ses enquêtes.
Premier ex-chef d’État remis à la CPI, Laurent Gbagbo, 67 ans, est soupçonné par la CPI d'être « coauteur indirect » de crimes contre l'humanité commis lors des violences postélectorales de 2010-2011. Et qui ont causé officiellement 3.000 morts selon les statistiques de l'Organisation des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI).
ANASSE ANASSE
L'Inter