Enfin, le fameux jour ! Aujourd'hui, mardi 19 février, s'est ouverte à La Haye, aux Pays-Bas, l'audience de confirmation des charges contre l'ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo. Pour la petite histoire, la passion croissante autour de cette affaire pousse anti et pro-Gbagbo à s'affronter à travers de subtiles algarades terminologiques. Si les uns soutiennent la formulation originelle émanant de la Cour pénale internationale (CPI), à savoir "audience de confirmation...", les autres préfèrent parler d'une "audience d'infirmation ou de confirmation" [les juges doivent examiner si les éléments de preuves rassemblés par l'accusation sont suffisamment solides pour permettre la tenue d'un procès].

Trêve de commentaires ! La CPI a invité les deux camps à venir assister à un événement qui commence ce jour et prend fin le 28 février. Selon un officiel de la CPI, joint le 18 février, 144 personnes, des représentants de l'opposition, du parti au pouvoir et autres, ont été accréditées pour assister à l'audience. Elles suivront les débats depuis la galerie publique, un compartiment du tribunal, traditionnellement ouverte au public.

Délégations politiques, parents, et autres prendront place dans cet espace qui fonctionnera à pleine capacité. Officiellement, le Rassemblement des républicains (Rdr, au pouvoir en Côte d'Ivoire), n'aurait dépêché personne à La Haye. Mais, selon nos sources, Joël N'Guessan, le porte-parole de ce parti, serait, à titre privé, sur place. En tant que victime de la crise postélectorale.

Un emploi du temps draconien

Le Front populaire ivoirien (Fpi, de Laurent Gbagbo), est, en revanche, bien représenté. Notamment, par son secrétaire général par intérim et porte-parole, Richard Kodjo, et son secrétaire national chargé des libertés publiques et de la justice, Séri Gouagnon. "Nous avons espoir que les charges seront infirmées. Si elles l'étaient, cela rendrait un énorme service à la réconciliation", commente Franck Bamba, secrétaire national à la communication du Fpi.

Chacune des deux formations politiques aurait eu droit à quinze places qu'elles ont reparties entre ceux qui sont venus d'Abidjan et des responsables de la diaspora. Tous suivront les trois heures d'audience, dans l'après-midi, de 14h30 à 18h30, selon un emploi du temps draconien établi par la CPI le 15 février. Des arrangements ont été trouvés pour permettre à Laurent Gbagbo de prendre part effectivement à l'audience.

Par exemple, les séances individuelles ne "dépasseront pas" plus d'une heure. Cette mesure vise à "prendre en compte les problèmes liés à la santé de M. Gbagbo et de lui permettre de participer pleinement à l'audience". Le greffe, lui, va "permettre à M. Gbagbo de se reposer à l'extérieur de la salle d'audience ou, éventuellement, de suivre l'audience à partir du centre de détention en vidéoconférence". Pour ce qui est de la sécurité à l'extérieur de la salle d'audience, l'Unité des affaires publiques de la CPI explique qu'elle relève de la police néerlandaise. 



 



 

 

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Témoignagnes des amis du Président Laurent Gbagbo lors de son anniversaire